VARANASI



Au bord du Gange




Ghats of the Ganga


Le mythe.

 

Bénarès ou Varanasi est une ville sacrée. Le Gange qui symbolise les cheveux de Shiva a une fonction purificatrice. Se faire incinérer à Bénares c’est aussi rompre le cycle des réincarnations et accéder au Nirvana. La frénésie religieuse a encore plus sa place ici qu’ailleurs en Inde.
Bénarès est auréolée d’une aura mystique. Il y a une « énergie » dans cette ville. Ses palais décatis, comme reflets d’une splendeur d’antan, la lumière brumeuse du petit matin semble isoler la ville.
Le spectacle le long des ghats, ses escaliers qui longent le Gange sur près de 11 km. On y vient pour prier, se laver (se purifier), se raser (les femmes pèlerins font don de leurs cheveux au fleuve), jouer au cricket, laver son linge, faire l’aumône aux sadhus, pratiquer le yoga, faire sécher des bouses de vaches… ou regarder tout simplement. On y entend de la musique hindi, le bruit des conques et des cloches agitées lors des prières.

The myth.

Benares or Varanasi is a sacred city. The Ganges, symbolising Shiva’s hair, has a purifying function. To be cremated in Benares is also to break the cycle of reincarnation and reach Nirvana. Religious frenzy is even more prevalent here than elsewhere in India. 

Benares is shrouded in a mystical aura. There is an “energy” about this city.

Its decaying palaces reflect the splendour of yesteryear, and the misty light of the early morning seems to isolate the city. 

The spectacle along the ghats, the staircases that run for almost 11 km along the Ganges. People come here to pray, wash (to purify themselves), shave (women pilgrims donate their hair to the river), play cricket, wash their clothes, give alms to the sadhus, practise yoga, dry cow dung… or just watch. You can hear Hindi music, the sound of conches and bells clanging during prayers.

 

Plus de 350 crémations, 24h sur 24 !

 

Accompagné de musiciens et des hommes de la famille, un cadavre est apporté près du ghat Harishchandra, le deuxième ghat crématoire de Bénarès. Les crémations se font en plein air devant les badauds : touristes affolés et indiens désoeuvrés. La famille du mort est grave mais ne montre pas son chagrin. L’événement est très lent, sans rituel, sans mise en scène de la mort, sans prêtre. Et le cadavre semble parfois très seul.

Enveloppé de tissus et papiers dorés, recouvert de colliers de fleurs, le cadavre est plongé dans l’eau purificatrice du Gange, puis déposé sur le bûcher.

Le spectacle devient alors comme surréaliste.

L’odeur, un mélange de plantes odorifères, de charbon de bois et de chairs brûlées  .

Des visions sidérantes : des enfants lavent énergiquement du linge, la poussière de cendre se déposant sur les vêtements qui sèchent. Une brochette d’hommes regarde nonchalamment les bûchers en se brossant les dents. Les vaches viennent manger les fleurs tombées du bûcher en flamme.

Hors du dédale de ruelles, il n’est pas rare de croiser des voitures ornant une dépouille emballée sur la galerie du toit.

Des mouroirs jouxtent le Gange, les familles attendent le décès de leur proche.

More than 350 cremations, 24 hours a day!

 

Accompanied by musicians and the men of the family, a corpse is brought near the Harishchandra ghat, the second cremation ghat in Benares. The cremations are performed in the open air in front of onlookers: frantic tourists and idle Indians. The dead man’s family are grave but do not show their grief. The event is very slow, with no ritual, no staged death and no priest. And the corpse sometimes seems very alone.

Wrapped in gold cloth and paper, covered in flower necklaces, the corpse is immersed in the purifying water of the Ganges, then placed on the pyre.

The spectacle becomes surreal.

The smell, a mixture of fragrant plants, charcoal and burnt flesh.

Staggering visions: children energetically washing clothes, ash dust settling on the clothes as they dry. A group of men gaze nonchalantly at the pyres, brushing their teeth. Cows come to eat the flowers that have fallen from the burning pyre.

Outside the maze of alleyways, it is not uncommon to come across cars adorned with a corpse wrapped on the roof rack.

The Ganges River is lined with mortuaries, where families await the death of their loved ones.

@ Copyright - Luc Mairesse

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