BANGLADESH

Under the Weight of Dust

SOUS LE POIDS DE LA POUSSIERE

La fabrication de briques est une industrie importante au Bangladesh, qui emploie environ un million de personnes et représente (1%) du PIB. L’industrie est dominée par les méthodes artisanales utilisant des fours traditionnels. Le processus consiste à mélanger de la terre et de l’eau, à mouler les briques à la main, à les faire sécher au soleil, puis à les cuire dans des fours.
Une brique pèse 5 kg, les hommes en portent 12 sur la tête , la moitié pour les femmes.
Le salaire est d’environ 10$ pour 6h de travail par jour , les femmes 5$ et les enfants 3$.
La société propose des logements minimalistes au prix de 10$ par mois .
La poussière est omniprésente sans aucune protection. Des familles entières y travaillent sans école pour les enfants .
Des projets de modernisation visent à utiliser des technologies plus propres et à améliorer les conditions de travail mais c’est au détriment de la main d’œuvre…
Cette industrie ne peut fonctionner que pendant la saison sèche soit 6 mois par an.

Brick manufacturing is an important industry in Bangladesh, employing around one million people and accounting for (1%) of GDP. The industry is dominated by artisanal methods using traditional kilns. The process involves mixing earth and water, molding the bricks by hand, drying them in the sun, and then firing them in kilns.

A brick weighs 5 kg, and men carry 12 on their heads, while women carry half that amount.The wage is around $10 for 6 hours of work per day, with women earning $5 and children $3.The company offers minimalist housing at a cost of $10 per month.Dust is omnipresent and there is no protection. Entire families work there, with no schooling for the children.
Modernization projects aim to use cleaner technologies and improve working conditions, but this is at the expense of the workforce.This industry can only operate during the dry season, which lasts six months of the year.

 

Mains de terre, poumons de poussière

Hands of Clay, Lungs of Dust

Dans les briqueteries, l’enfance se raccourcit.
Là où le jeu devrait exister, les enfants travaillent,
portant des charges trop lourdes pour leur âge,
respirant la poussière plutôt que l’air.

Leurs journées sont rythmées par la chaleur, la fatigue et la répétition,
et non par les sonneries de l’école ou des moments de repos.
De petites mains façonnent l’argile avec les mêmes gestes que les adultes,
tandis que leurs corps fragiles supportent un labeur qu’ils ne peuvent refuser.

C’est un temps volé —
une enfance consumée par la nécessité,
où la survie remplace l’innocence,
et où l’avenir se pèse, brique après brique.

In the brick kilns, childhood is shortened.
Children work where play should exist,
carrying loads heavier than their years,
breathing dust instead of air.

Their days are shaped by heat, tiredness, and repetition,
not by school bells or moments of rest.
Small hands mold clay with the same gestures as adults,
while fragile bodies absorb a labor they cannot refuse.

 

This is a stolen time —
a childhood consumed by necessity,
where survival replaces innocence,
and the future is weighed down, brick by brick.

Quand la terre use les corps

When earth wears the bodies

La souffrance est silencieuse.
Elle ne s’exprime ni par la plainte ni par le regard, mais par l’usure lente des corps.
La poussière s’accroche aux poumons, la chaleur écrase les gestes, et la répétition transforme le travail en épreuve quotidienne.

Ici, les journées commencent avant que l’air ne soit respirable et se prolongent bien après que la fatigue a gagné chaque muscle.
Les mains façonnent la terre sans relâche, tandis que le souffle se fait plus court, plus lourd, jour après jour.

Ces hommes et ces femmes portent le poids d’un labeur invisible, essentiel et pourtant oublié.
Leurs corps racontent ce que les mots taisent :
une endurance imposée, une dignité fragile et la persistance de vies consumées lentement au rythme des fours et de la poussière.

Suffering is silent.
It speaks neither through complaint nor through the gaze, but through the slow erosion of bodies.
Dust settles deep in the lungs, heat crushes every movement, and repetition turns labor into a daily ordeal.

Here, days begin before the air becomes breathable and stretch long after exhaustion has reached every muscle.
Hands shape the earth without pause, while breath grows shorter, heavier, day after day.

These men and women carry the weight of an invisible labor, essential, yet largely forgotten.
Their bodies tell what words leave unsaid:
imposed endurance, fragile dignity, and lives slowly consumed by the rhythm of the kilns and the dust.

@ Copyright - Luc Mairesse

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